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il monte carla

Quand un hôtel peut en cacher un autre.
Dans un certain lieu­dit et en son sein une chapelle, un lieu saint où la foule se presse devant l'autel, où chacun cherche son hôte, un bien sacré, un bordel.

Ce lieu me paraît ni sale, ni sage.
Combien de fois je me répète dans la soirée "ça pue le sexe". J'y pense et puis j'oublie, tellement peu étonnée de voir les choses se répéter (toile qui se déploie). J'observe. J'observe la foule et je relationne ce beau monde à l'instant même où je le déconstruis. Je n'y peux rien, ça me glisse entre les mains. Ma voisine me fait d'ailleurs remarquer que j'ai les mains douces ­ « Particulièrement douces, te l'ont­ils déjà dit ? ». Elle me surprendra, je cherchais un agent, je trouverais un double.
Je poursuis mes observations et déconstructions, tout en jouant avec la voisine qui bientôt me fait douter. Même dans cette zone de repli je ne me sens à l'abri. Ce bordel serait­il savamment organisé ? Serions­nous vus sans le savoir là­dedans ? Là, dedans.
Ce soir il y a plus d'enfants et plus de chiens que d'habitude, et toi, qu'est­ce que tu fous là ? Le bassin est devenu la rampe sur laquelle tu transpires maintenant avec ces deux gamins qui te courent après et qui rient aux larmes. Les géniteurs se donnent la main, sourient à la foule mais ne se saluent pas. Les deux gamins ne sont ni sales, ni sages. Je pense à leur lendemain par bienveillance mais la musique m'enivre et la marraine les ramène. Le grand frère est toujours aussi séduisant mais qu'est­ce qu'il a l'air paumé. La fille la plus sage est finalement la plus sale, dommage vous vous ressemblez.

                      ...in l0ve with s0me0ne y0u sh0uld fall in l0ve with...

Il y a encore des chiens et des musiciens mais bientôt plus d'alcool. Il nous reste plus qu'à changer de bord. De l'autre côté du bassin je retrouve un agent connu sous le nom du facteur inconnu. Il me distribue ses petites formules. Le père est très attentif aux musiciens et aux fausses blondes ce soir­là. Les galeristes font partis du décor, les arrivistes aussi. Le peintre illusionniste révèle sa palette attitude, ce qui m'amuse beaucoup, seulement au début. À la fin de la soirée j'ai tous envie de les envoyer sur l'île au diable, ces Peter Pan. Et pourtant j'aime ces lieux­dits et ce sacré Peter Pan.
À mi­chemin entre rêverie d'ici et là­bas, il y a toujours un Montecarla qui me tend les bras. La confession me paraît ni sale, ni sage.